Vous allez me dire "elle vieillit mal, elle radote !"

eh bien tant pis, j'assume !
Vous avez bien compris qu'en ce moment, côté lecture, ce n'est pas la joie alors je me tourne vers ce que je peux : le boulot (énorme : je ne m'ennuie pas !), ma famille (mon équilibre, ma raison de vivre) et parfois vers les vidéos déposées sur Youtube, et là, je tombe parfois sur un moment intense. L'intro est bouleversante. Bon, en me traitant de petite joueuse dans cette affaire, parce qu'on ne peut pas décemment se planter avec Ibrahim Maalouf et parce que cette chanson, je l'adore depuis sa sortie (elle a le droit à deux articles sur ce blog : une vraie star, je vous dis !). Un moment de communion qui m'émeut. Une énergie géniale : je n'ai qu'une envie, vivre ce moment-là en live ! De plus, on entend enfin la voix du sieur Ibrahim qui est fait pour slamer !

Mon comité de lecture et moi

c'est une histoire qui dure depuis longtemps (quand on aime, on ne compte plus). Mais là, la dernière sélection ne me parle pas du tout, mais vraiment pas du tout : j'ai abandonné trois livres au bout de quarante pages (oui, je relâche vite mon attention en ce moment, enfin quand quelque chose ne me convient pas du tout) et les CD ne m'attirent pas des masses non plus. Alors face à la tristoune attitude, mon naturel réagit. Il n'est pas question de laisser tomber, non, il y a de belles choses à repérer, à détecter et là, un groupe me vient à l'esprit : Beirut, découvert lors de la sélection précédente de ce même comité (qui, là, avait eu tout bon). Ce n'est pas gai, gai mais c'est juste très beau, doux, humain et pudique comme le magnifique billet de Valérie à qui je dédie ce texte court !

at once
En tant que Nantaise, je suis obligée d'aimer !

Nantes 

So allowed


La Photo du Mois # 21 : Carré

de chez carré ! C'est Tuxana qui choisit et cela ne rigole pas : "Le but n'est pas que votre photo soit carrée, mais bien qu'une forme carrée (ou plusieurs) apparaisse(nt) dans votre photo."

Bon, vous l'aurez compris, ce thème a tout pour me plaire et j'ai trouvé une image en raccord avec celle du mois passé.
Voyons voir si les autres sont aussi carrés que moi :
Akaieric, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Chat bleu, Chiffons and Co, Chloé, Christophe, Cricriyom from Paris, Cécile, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dr. CaSo, E, El Padawan, Escribouillages, Estelle, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Je suis partie voyager, Josette, Josiane, Kenza, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilou Soleillant, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamounette et ses aiguilles, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Pat, Paul Marguerite, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sense Away, Sinuaisons, Sous mon arbre, Tambour Major, Testinaute, The Beauty is in the Walking, Tolen 29, Tuxana, Who cares?, Wolverine, Xoliv', écri'turbulente, ÔBD.

L'exception - Audur Ava Olafsdottir *****

Voilà, j'ai enchaîné depuis une semaine des catastrophes littéraires abandonnées au bout de quarante pages (la faute à mon comité de lecture dont la sélection pour cette période-ci n'arrive pas à me convaincre). Du coup, je suis retournée vers une valeur sûre : mon écrivaine islandaise préférée, j'ai nommé Audur Ava Olafsdottir. Si son dernier roman paru en France (son premier dans sa vie d'écrivaine), Le rouge vif de la rhubarde, m'a laissée sceptique, l'avant-dernier édité chez nous L'exception est remarquable, un moment agréable de sérénité que j'ai dévoré !
Floki, mari de Maria, annonce le jour de la Saint Sylvestre son coming-out et la fin de leur relation, histoire de bien débuter l'année qui arrive ! Entre anecdotes du passé et le présent un peu balbutiant (rythmé par des jumeaux de deux ans, trop petits pour comprendre la situation de séparation parentale), Maria surnage, entourée par Perla, écrivaine naine de polars dont elle n'a pas la primeur de la première de couverture (du fait de son statut de nègre littéraire) et d'un charmant voisin étudiant et particulièrement attentif. 

Il y a une vraie tendresse qui se dégage de ce roman et une belle preuve d'amour aussi : les ex-amoureux ne s'entredéchirent pas mais se retrouvent à nouveau pour des explications, pour aplanir leur nouvelle complicité. Ce sont des personnages aussi talentueux qu'intelligents. Maria a un chance inouie : une famille stable qui va lui réserver des surprises paternelles, des amitiés confortables et beaucoup de bienveillance autour d'elle. Oui, cette superbe généreuse trinque de cette rupture non choisie mais l'existence lui réserve de belles rencontres, tantôt furtives, tantôt à durée indéterminée (ce que je lui souhaite). 

L'exception (ce que Maria représente dans le cheminement sentimental de Floki) est un roman intense par ces petits temps du quotidien, par cette quête raisonnable de la jeune femme entre passé et futur familiaux. L'écriture de Audur Ava Olafsdottir est toujours là, sans force, subtile : l'auteure narre le quotidien sans fioritures, sans en surjouer. Un vrai et chouette moment de lecture que je vous conseille !

Editions Points
Traduit par la toujours excellente Catherine Eyjolsson 


En ce jour du souvenir, je ne dirai rien, je repenserai juste à ce qui s'est passé il y a un an. Je vous embrasse. 

Je m'en vais - Vianney

Aujourd'hui j'ai vadrouillé dans les Ardennes : c'est un département magnifique le jour (je vous conseille la route entre Charleville Mézières et Revin) et par deux fois, en zappant de station de radio, je suis tombée sur cette perle, Je m'en vais. Comme je suis d'une nature chanceuse, je me dis que la vie est belle d'entendre une telle chanson. Vianney, un chanteur qui au départ me laissait sceptique, me convainc de plus en plus : j'adore son timbre de voix et là, comment dire, tout y est. Les paroles, la musicalité, l'interprétation : Vianney, un homme généreux, qui sait interpréter ses chansons et leur donner un corps. Quel bonheur d'écouter ce morceau, alors juste un mot : MERCI ! *

* Il n'y a pas de message subliminal : la blogo m'a acceptée et va devoir me supporter ... LONGTEMPS ! (enfin, tant que j'ai la forme et que je suis supportable)

Les prix littéraires 2016 et moi

Comme je suis ravie de chez ravie de ne pas suivre les honneurs littéraires, cette année en particulier (les précédentes également) parce que ce comportement me permet de repérer des pépites et de ne pas suivre comme un(e) mouton(ne) les accessits de foire (commerciale).

Dernier en date : L'archipel d'une autre vie d'Andréï Makine ***** RL 2016#5

image issue du site des éditions Seuil
Un titre splendide, une écriture remarquable (je le crie haut et fort : c'est si rare de nos jours !) et une histoire limpide : la rencontre de deux cabossés de la vie - le narrateur et Pavel Gartsev, un voyageur transparent bien malgré lui qui lui racontera son périple : la traque d'un fugitif facétieux et particulièrement efficace-. 

Andreï Makine y narre les purges staliniennes, le total désordre moral de l'armée et l'ère absolue des dénonciations frauduleuses, de la torture mentale et physique,... L'archipel d'une autre vie est plein d'espoir, d'utopie où la taïga se révélera un havre de paix à défaut du paradis.  

La construction est solide, parfaitement cadencée entre présent et passé, entre immoralité et humanisme.  L'auteur arrive à nous faire sentir les paysages, les émotions, la peur et puis la fantastique aventure avec un humour subtil. Exceptionnel, je vous dis !

Editions du Seuil  

Rentrée littéraire 2016

Lu grâce à l'excellent conseil de Jean-François Delapré, libraire au Saint-Christophe (Lesneven, 29)

RL2016 #4 : Le rouge vif de la rhubarde – Audur Ava Olafsdottir ***

Agustina est une jeune adolescente infirme ; elle dépasse son handicap (des jambes mortes liées à une naissance mouvementée) grâce à sa dextérité avec les béquilles et sa vivacité d'esprit. Décidée à gravir une montagne, elle doit son équilibre par son environnement bienveillant : sa nourrice Nina (une maman de remplacement pendant que la biologique, chercheuse et voyageuse dans l'âme, narre ses exploits au moyen de lettres), le bricoleur Vermundur et l'amoureux Salomon. 
Dans Le rouge vif de la rhubarde, on retrouve le plaisir d'Audur Ava Olafsdottir à décrire les instants précieux du quotidien (le test du chant), les coutumes locales (les confitures de rhubarde impossibles à consommer), ceux qui façonnent et rythment une vie.

Il y a toujours cette belle écriture, des héros attachants, de belles descriptions et des confidences qui évacuent tout secret stérile et propice à la confusion. Bien que bringuebalante, Agustina est un personnage très stable affectivement et humainement : une héroïne sereine.
J'ai lu avec plaisir cette première œuvre, éditée en France bien après les autres romans d'Audur Ava Olafsdottir mais je reconnais avoir ressenti un certain ennui en raison de la langueur et l'absence de péripéties. J'ai apprécié la lecture mais voilà, il m'en faut plus pour m'évader et me bousculer (je deviens exigeante avec cette auteure dont j'affectionne l’œuvre et la splendide prose).

Editions Zulma

Très belle traduction de Catherine Eyjolsson 
 

autres avis : Virginie Neuville, Hélène, Cathulu,...


de la même auteure
  L'embellie ***
  Rosa candida  ****